Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

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Révision médicale par le

Dr Raquel Pereira Correia

Revu le: 22 déc. 2021

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est une affection observée chez la femme en âge de procréer ayant un impact sur son cycle menstruel et plus particulièrement sur son ovulation. Absence de règles, hyper-pilosité, difficultés à tomber enceinte sont les principaux symptômes du SOPK qui poussent les personnes à consulter. Nos médecins vous expliquent.

Dans cet article
 

Les points essentiels

  • Le syndrome des ovaires polykystiques est la première cause d'infertilité chez les femmes en âge de procréer.

  • Des règles irrégulières ou l’absence de règles sont l’un des symptômes les plus courants.

  • Il n'existe pas de traitement pour guérir du SOPK à ce jour mais il est possible de soulager les symptômes.

Qu’est-ce que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ?

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un dysfonctionnement hormonal qui provoque une multiplication de follicules au sein des ovaires, entraînant ainsi une perturbation de l'ovulation et générant des manifestations d’hyperandrogénie (présence excessive d'androgènes, les hormones sexuelles masculines).

L’accumulation de follicules provoque une surproduction d'hormones masculines, habituellement présentes en faible quantité dans l'organisme féminin.

Quels sont les symptômes du SOPK ?

Les principaux symptômes du SOPK touchent principalement le cycle menstruel mais varient d'une femme à une autre. Parmi les personnes diagnostiquées, on retrouve fréquemment les symptômes suivants :

  • des règles irrégulières voire une absence de règles (aménorrhée) ;
  • une acné qui persiste après l'adolescence ;
  • une perte de cheveux ;
  • une augmentation de la pilosité sur le visage (hirsutisme), la poitrine, les fesses et le dos ;
  • le surpoids ;
  • des difficultés à tomber enceinte.

Cycle menstruel perturbé

Le syndrome des ovaires polykystiques va perturber fortement le cycle menstruel et plus particulièrement la phase de l'ovulation. À cause du dérèglement hormonal, les ovules n'arrivent pas ou rarement à maturation. L'excès d'androgènes et le taux de LH anormalement élevé vont rendre l’ovulation impossible. Cette situation peut entraîner une infertilité chez les femmes sujettes au syndrome des ovaires polykystiques.

Hyperandrogénie : hirsutisme, acné et perte de cheveux

L'hyperandrogénie se caractérise par une présence élevée d’androgènes (hormones masculines) chez la femme. Elle se manifeste par de l’hirsutisme, de l’acné et une perte de cheveux au niveau du sommet du crâne.

Les androgènes ont une action directe sur les follicules pileux. Lorsqu'un SOPK se manifeste, leur surproduction est la cause de plusieurs symptômes influant sur la pilosité. Cette hyperpilosité masculine chez la femme est appelé l’hirsutisme. Elle survient particulièrement sur les zones habituellement pileuses chez l’homme comme le visage, le torse, les épaules, du bas du dos ou encore au niveau des cuisses.

Autres symptômes associés

Chez certaines femmes, le SOPK peut également provoquer :

  • des tâches foncées sur la peau ;
  • des troubles de l'anxiété ;
  • une fatigue.
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Comment se diagnostique un SOPK ?

Généralement, le SOPK est diagnostiqué au moment de la puberté chez les jeunes femmes qui observent des premiers cycles irréguliers voire une absence de règles. Mais aussi plus tard, lorsqu'une femme rencontre des difficultés à concevoir un enfant.

Il y a encore aujourd'hui de nombreux débats au sein de la communauté médicale internationale, sur les critères cliniques à retenir pour diagnostiquer un SOPK. Une situation qui rend la prise en charge difficile pour les personnes touchées.

Toutefois il existe une liste de symptômes clés qui fait consensus, c'est la classification de Rotterdam. Elle définit le SOPK par la présence d'au moins deux des trois critères suivants :

  • des règles irrégulières ou une absence de règles (aménorrhée) ;
  • des taux élevés d'androgènes et/ ou des manifestations d’hyperandrogénie ;
  • au moins un des ovaires avec plus de 12 follicules ovariens mesurant entre 2 et 9 mm.

Pour confirmer ces symptômes, un bilan sanguin et une échographie endo-vaginale ou pelvienne sont prescrits.

Bilan sanguin hormonal et métabolique

Un bilan hormonal peut être prescrit pour établir un diagnostic de SOPK. Il permet d'observer la variation des taux de certaines hormones jouant un rôle dans le cycle menstruel comme l’évolution du taux de LH, l’hormone lutéinisante qui provoque l’ovulation.

L'analyse des taux des androgènes apporte également des informations supplémentaires. Une forte présence de ces hormones (testostérone, androstènedione, sulfate de déhydroépiandrostérone) oriente le diagnostic vers un SOPK.

D'autres analyses peuvent être également demandées selon les cas, pour vérifier le taux de cholestérol, de triglycérides ou encore d'insuline par exemple.

Échographie endo-vaginale ou pelvienne

L'observation des ovaires via une échographie par voie vaginale vaginale ou pelvienne peut mettre en évidence un SOPK. En début de cycle, on retrouve habituellement dans l'ovaire 5 à 10 petits follicules d'environ 5 mm de diamètre. On oriente le diagnostic vers un SOPK lorsque le nombre de follicules est supérieur à 20 et leur taille est comprise inférieure à 9 mm et/ou on retrouve un ovaire avec un volume important à l’échographie. Même si la présence d'un grand nombre de follicules est observée, cela ne suffit pas pour confirmer un syndrome des ovaires polykystiques. Certaines femmes peuvent présenter le même aspect de follicules à l’échographie sans pour autant présenter les autres symptômes du SOPK.

Quelles sont les complications du syndrome des ovaires polykystiques ?

Le SOPK peut être la cause de plusieurs complications à long terme qui varient d'une femme à une autre. Ces différents symptômes associés nécessitent une prise en charge globale, pour traiter les autres risques liés aux pathologies.

SOPK et surpoids

Le syndrome se manifeste de manières différentes et certaines personnes atteintes par le SOPK sont sujettes au surpoids voire à l'obésité. Le surpoids est une manifestation clinique fréquemment associée au syndrome des ovaires polykystiques dans 30 à 70 % des cas.

SOPK et infertilité

Sans la maturation des follicules, l’ovulation devient difficile. La fertilité de la femme peut, dans le cas d’un SOPK, être fortement perturbée. C’est ce qu’on appelle une infertilité par anovulation (absence d’ovulation). Le SOPK est la première cause d’infertilité chez la femme en âge de procréer. Toutefois, même si un diagnostic est posé, l'infertilité de la personne n'est pas totale. Le rythme d'ovulation d'une personne présentant le syndrome étant variable, l'infertilité n'est pas définitive.

SOPK et grossesse

L'influence directe du syndrome sur le cycle menstruel peut entraîner des difficultés de grossesse, cependant ce n'est pas systématique. Une femme atteinte d’un SOPK peut tomber enceinte sans traitement contre l'infertilité.

Autres complications du SOPK

Les différents symptômes du SOPK peuvent également provoquer d'autres complications. Les personnes diagnostiquées peuvent plus facilement développer un diabète, une insulinorésistance, de l'hypertension artérielle ou encore des maladies cardiovasculaires.

Quels traitements pour le SOPK ?

Il n'existe actuellement pas de traitement pour guérir le SOPK. Les personnes touchées peuvent tout de même bénéficier de traitements permettant de soulager les différents symptômes.

Adapter votre hygiène de vie

Certaines améliorations peuvent être générées en améliorant l'hygiène de vie. Particulièrement pour les femmes qui sont en surpoids. Une alimentation équilibrée et davantage d'activités physiques sont recommandées. Ces nouvelles habitudes peuvent aider à réduire le taux élevé des hormones masculines et réduire les risques de maladies cardiovasculaires.

La pilule contraceptive oestroprogestative pour réduire les symptômes d’hyperandrogénie

Il existe des traitements médicamenteux pour diminuer les symptômes d'hyperandrogénie. La pilule œstroprogestative Diane 35® contient de la cyprotérone, un dérivé progestatif qui réduit les androgènes. Toutefois, cette pilule de 3ème génération est rarement utilisée du fait du risque majoré de thromboembolisme. La pilule Jasmine® possède également des propriétés anti-androgéniques avec également des risques élevés de thrombose veineuse ou artérielle.

Si vous êtes atteinte du SOPK, vous pouvez demander une consultation auprès des médecins de ZAVA qui pourront vous prescrire une pilule contraceptive adaptée.

Aussi, il est possible de consulter nos médecins en ligne dans le cadre du traitement de l’acné ou de l’hirsutisme.

La pilule contraceptive pour réduire le risque de diabète

Le SOPK et la contraception ne sont pas incompatibles.et les pilules contraceptives ne sont pas contre-indiquées pour les personnes diabétiques. Les effets indésirables ne sont pas augmentés chez les femmes atteintes du diabète, ils sont les mêmes que pour une femme non atteinte.

Une étude britannique publiée en 2021 a étudié l’impact de la pilule contraceptive sur des femmes atteintes d’un SOPK. Cette étude suggère que la contraception hormonale pourrait limiter les risques de diabète en diminuant l’action des androgènes.

La surveillance et le traitement des symptômes associés

Votre médecin peut également compléter le traitement par d'autres médicaments traitant les symptômes associés au SOPK tels que l'acné, la perte de cheveux, la fatigue ou encore l'anxiété. Un éventail de soins sera proposé selon l'ampleur de chacun des symptômes annexes.

Le traitement de l’infertilité

Lorsque l’infertilité chez la femme est causée par un trouble de l'ovulation, un traitement médical peut être proposé. On parle alors d'induction d'ovulation ou de stimulation ovarienne. C'est généralement la première étape lorsqu'un trouble de la fertilité est diagnostiqué. Les ovaires peuvent être stimulés de différentes manières : par médicaments, par injection d'hormones ou via la pompe à GnRH (dispositif sous-cutané).

Il existe également un traitement chirurgical qui consiste à micro-perforer la surface des ovules. Cette méthode est appelée le « drilling ovarien ». Elle est proposée en deuxième intention. Une étude de la Haute Autorité de Santé met en évidence l’efficacité de la méthode : un retour à l’ovulation est observé chez plus de 43% des femmes participantes à l’étude.

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Dr Raquel Pereira Correia Rédactrice médicale

Médecin généraliste, Raquel est rédactrice médicale chez ZAVA, où elle participe à la création et à la révision de nos contenus autour de la santé générale et sexuelle - mais elle ne consulte pas pour ce service.

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