Le priapisme

Le priapisme

Affection rare touchant 1,5 hommes sur 100 000¹, le priapisme se caractérise par une érection involontaire, qui dure et est douloureuse. Elle peut représenter une urgence médicale, c’est pourquoi il faut apprendre à en reconnaître les signes, pour qu’elle soit prise en charge à temps.

Qu’est-ce que le priapisme ?

Le priapisme est un trouble de l’érection, qui se caractérise d’abord par :

- Une érection permanente

Le temps est un indicateur clé du priapisme. Ce symptôme est un des plus importants et se manifeste dans tous les types de priapisme.

En effet, si une érection persiste au-delà de quatre heures, il est indispensable de consulter un médecin sans tarder. Il convient également de prévenir votre médecin même si votre érection dure moins de quatre heures mais est accompagnée de douleurs.

Par ailleurs, il est important de noter qu’en cas de priapisme, la verge est ferme, mais pas forcément le gland.

- Une érection involontaire

Une des premières questions à se poser pour savoir si une érection est priapique est de savoir si cette érection a perduré de façon volontaire ou involontaire. En effet, celle-ci peut avoir lieu en dehors de toute stimulation sexuelle, après un rapport, voire après avoir pris un traitement pour la dysfonction érectile.

Une érection prolongée peut également être qualifiée de priapique si elle apparaît de façon récurrente pendant la nuit et qu’elle dure longtemps.

Il existe différents types de priapisme, en fonction desquels la gravité de la situation peut varier ainsi que la marche à suivre en termes de traitement.

- Une érection douloureuse

Veuillez noter que certaines érections peuvent être prolongées (entre quatre et six heures) mais non douloureuses. C’est le cas du priapisme dit “haut débit”, lié à une augmentation du flux artériel de manière prolongée et non régulée.

Lorsqu’une douleur est ressentie, on dit qu’il s’agit d’un priapisme “à bas débit” : celui-ci résulte d’une anomalie de la circulation et il provoque une asphyxie des fibres musculaires des corps caverneux. Il s’agit ici d’une véritable urgence urologique puisqu’il expose à une dysfonction érectile définitive au bout d’un certain nombre d’heures de maintien de l’érection.

Le priapisme : est-ce grave ?

On distingue trois types de priapisme :

  • Le priapisme à haut débit ou dit “artériel” : il est souvent associé à un traumatisme de la verge (ex : accident dans la région génitale) et donne lieu à une fuite, un débordement de sang en provenance des artères, vers les corps caverneux du pénis. L’érection n’est pas complètement rigide, elle peut se résoudre spontanément et ne nécessite pas forcément de traitement particulier.

  • Le priapisme à bas débit, aussi dit “ischémique” : il s’agit d’un défaut de circulation du sang au sein du corps caverneux du pénis. Le sang ne circule plus correctement et l’apport en oxygène se trouve diminué ce qui peut avoir des répercussions graves. C’est la forme de priapisme la plus fréquente mais également la plus dangereuse pour ses conséquences potentiellement irréversibles si elle n’est pas prise en charge à temps (sous six heures maximum).

  • Le priapisme récidivant ou chronique consiste en des épisodes d’érection intermittents et récurrents de moins de 3 heures pouvant évoluer vers un priapisme à bas débit : il s’agit le plus souvent d’une érection nocturne qui se prolonge et peut devenir douloureuse.

Il est primordial de diagnostiquer le type de priapisme, en particulier de distinguer entre le priapisme ischémique et les deux autres, car son traitement ne peut pas être retardé. Les priapismes haut débits et chroniques, quant à eux, ne nécessitent pas de prise en charge en urgence ; cependant ils nécessitent d’en rechercher la cause afin de les traiter.

Quelles sont les causes du priapisme ?

Parmi les principales causes physiques du priapisme, il peut y avoir une maladie du sang (leucémie, drépanocytose) ou un trouble de la coagulation, mais la cause n’est souvent pas identifiée. Le priapisme peut également être dû à la prise de certains médicaments antihypertenseurs, antidépresseurs et certains neuroleptiques, anticoagulants, alpha-bloquants ou certaines drogues.

Le priapisme, un effet secondaire connu mais rare de certains médicaments contre les troubles de l’érection comme le Viagra® et de la papavérine

C’est un effet indésirable qui peut apparaître suite à l’injection de papavérine ou d’Alprostadil®, utilisés dans le traitement par injection des troubles de l’érection.

Cependant, ces produits sont nettement moins utilisés de nos jours, depuis l’apparition des inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (iPDE5).
Ce type de traitements, dont le Viagra® fait partie, peut aussi entraîner un priapisme mais cela reste extrêmement rare et généralement lié à une association du traitement avec d’autres traitements (comme une injection intra-caverneuse ou l’utilisation concomitante de psychotropes).

Que faire quand on est priapique ? Quel traitement contre le priapisme ?

Si une érection perdure, un des premiers réflexes à adopter est de refroidir la verge en se douchant les jambes et le pénis à l'eau froide pour contribuer à la contraction des vaisseaux. Tenter d'uriner peut aussi aider. Enfin, se mettre debout et pratiquer des flexions-extensions des jambes pendant plusieurs minutes de façon à faire détourner le flux sanguin vers les muscles en mouvement peuvent également faire diminuer l'érection.
Si l’érection dure plus de quatre heures, il est nécessaire de se rendre aux urgences au plus vite, car dans le cadre d’un priapisme ischémique, les conséquences peuvent être irréversible dès la sixième heure d’érection continue, les tissus n'étant plus oxygénés correctement.
Aux urgences, un examen échographique (écho-Doppler) sera réalisé sur les organes génitaux pour évaluer la gravité du trouble et ainsi déterminer le traitement approprié.
Il pourra être effectué une recherche plus complète des zones environnantes et dans certains cas, l’injection d’une substance vasoactive dans le pénis pourra permettre d’assurer la bonne évacuation du sang. En cas d’échec, une ponction pour évacuer le sang piégé dans le pénis pourra être envisagée.
Dans le cas du priapisme chronique, il est également possible d’envisager l’auto-injection d’un traitement pour limiter l’érection.
En cas d’érection prolongée et non désirée, n’hésitez donc pas à demander conseil à un professionnel de santé.

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