Cyclisme et érection : mythes croisés

A quelques jours de la fin du Tour de France 2016, Zava fait le point sur les mythes qui croisent sexe et vélo.

Le Viagra® ou sa molécule, le Sildenafil, augmenterait les performances sportives

Le Sildénafil est une molécule indiquée dans le traitement des troubles de l’érection car elle agit comme vasodilatateur : en permettant un plus grand afflux sanguin vers le pénis, elle favorise l’érection.
Mais cet effet, s’il vaut pour le pénis, est également observé sur d’autres parties du corps, telles que les poumons. Des études menées en 2003 sur 12 grimpeurs volontaires sur 6 jours ont montré cet effet sur les poumons en altitude. Sur ces alpinistes, le Viagra® a permis de dissiper les principaux symptômes de l’altitude : migraines, insomnies, nausées ou perte d’apétit). C’est ainsi qu’en 2013 par exemple, le club de foot péruvien “Alianza Lima”, qui joue parfois des rencontres à 3000 mètres d’altitude, avait considéré l’idée du Viagra® pour augmenter les performances des joueurs. Pour les cycliste, si le Viagra® ou son générique pourrait aider à l’oxygénation du sang, l’agence mondiale antidopage estime qu’il est trop difficile de différentier une utilisation normale du médicament pour trouble érectile, d’une utilisation détournée pour le dopage des performances. Ainsi, des sportifs sont régulièrement contrôlés positifs au sildenafil mais cela ne représente pas une infraction.

La pratique intensive du vélo causerait des troubles de l’érection

Si on a longtemps estimé que la pratique du vélo au-delà de 3h par semaine pouvait causer des troubles de l’érection, une étude sur 5000 hommes par des chercheurs anglais et publiée dans le “Journal of Men’s health” en 2014, se veut plus rassurante en ce qui concerne les problèmes d’érection mais a permis d’observer une légère augmentation du risque de cancer de la prostate pour les hommes de plus de 50 ans pratiquant le cyclisme plus de 4 heures par semaine. Cependant, cela ne suffit pas à démontrer un lien de cause à effet entre cyclisme et cancer de la prostate, de plus amples études seraient pour cela nécessaires.

Si cette étude réalisée en 2014 sur un échantillon représentatif démontre qu’on ne peut établir de lien de cause à effet direct entre la pratique intensive du vélo et la dysfonction érectile, il n’en reste pas moins que la pression de la selle contre le périnée -région située entre l’anus et les testicules-, peut générer des insensibilités, des douleurs, des picotements ou engourdissement des organes sexuels.

Ces quelques conseils visent à limiter la gêne au niveau du périnée si vous pratiquez le vélo intensément :

  • Evitez de vous reposer sur vos bras lorsque vous roulez à vélo : le poids pèse alors sur l’avant du corps et augmente la pression sur la zone du pénis. Si la taille de votre vélo fait que vous avez naturellement les bras toujours tendus, envisagez de changer pour un cadre de taille inférieur.
  • Utilisez des modèles de shorts et cyclistes rembourrés à l’entrejambe, qui aident à réduire l’engourdissement de l’aine.
  • La position de votre selle est primordiale : évitez de la régler trop haute et ajustez-la pour réduire la pression sur le pénis.
  • Roulez “en danseuse” toutes les dix minutes et pendant 30 secondes, cette position favorise la montée de l’oxygène sur le bassin et évite la pression sur les vaisseaux sanguins qui alimentent le pénis.
  • Privilégiez les selles à “nez raccourci” ou les selles fendues (avec une découpe centrale) qui évitent une trop grande compression du périnée et favorisent l’oxygénation du pénis.

Il arrive également que la pratique du vélo déclenche une prostatite ou l’apparition d’une boule que l’on appelle communément “troisième testicule”.

La prostatite est généralement constatée chez le cycliste qui roule penché vers l’avant sur une celle fine et dure - en “bec de selle”. Des anti-inflammatoires pendant quelques jours suffisent généralement à s’en débarrasser.

Le troisième testicule est une boule formée par l’épaississement de l’enveloppe des muscles du périnée. Cette boule dure et fibreuse n’est pas nécessairement douloureuse mais peut être gênante et la seule solution pour s’en débarrasser est la chirurgie.

Dans tous les cas, rappelons que sans contre-indication de votre médecin, les bienfaits liés à la pratique d’une activité physique, et ici, du vélo, ne sont plus à démontrer. Si vous pratiquez le vélo intensément donc, n’arrêtez pas mais discutez avec votre médecin de la meilleure manière de le pratiquer !

La masturbation avant la compétition : bonne ou mauvaise idée ?

Se masturber juste avant l’effort mais s’arrêter juste avant l’éjaculation permettrait de rendre un sportif plus agressif durant la compétition ? Faire l’amour juste avant pourrait au contraire épuiser un sportif… Ces affirmations relèvent du conseil de copain ou du mythe populaire. Scientifiquement, tout ce que l’on peut affirmer, c’est que le sexe a des vertus déstressantes, grâce aux endorphines ou “hormones du bonheur” libérées pendant l’acte, qui endorment le cortisol, l’hormone du stress. A la veille d’une compétition, il peut aider à s’endormir plus vite et à relâcher la pression, et l’effort associé à l’acte sexuel est en moyenne équivalent à la montée de deux étages. Pas de quoi mettre K.O. un sportif de haut niveau… En revanche, associé à un contexte tel que des sorties noctures et de l’alcool, la donne change évidemment. C’est l’ensemble de ce contexte et non pas l’acte sexuel lui-même qui est à redouter. Plus généralement, n'oublions pas que le tabagisme et la consommation excessive d'alcool sont des facteurs favorisant les problèmes d'érection.

Article publié le 22/07/2016
Revu par le Dr Sophie Albe-Ly le 21/07/2016.

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