Des jeunes, des rencontres en ligne... et des MST

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Tinder, Meetic, Happn... en cause dans l'augmentation des MST ?

En quelques années à peine, les applications et sites de rencontre ont envahi nos écrans. De Meetic à Tinder, on compte désormais des centaines de sites et applis qui s’efforcent de satisfaire les célibataires.

Ce ras-de-marée a révolutionné la manière de rencontrer ses partenaires sexuels, à tel point que près des deux tiers des Français ayant déjà trouvé un partenaire via un site admettent y avoir déjà̀ eu « une aventure sans lendemain » (62%*).

Les trentenaires et les millenials sont les premières cibles de ce marché florissant, et plus d’un tiers des Français et Françaises de 18 à 24 ans a déjà surfé sur l’un de ces sites ou applis. Cependant, tandis que le digital peut rendre les rencontres bien plus faciles et rapides, il peut avoir des conséquences sur d’autres aspects de la vie de leurs utilisateurs.

Face à la recrudescence de certaines IST/MST (infections/maladies sexuellement transmissibles) en Europe - depuis 2012, l’infection à Chlamydia a triplé chez les Français de plus de 15 ans - Zava a mené une enquête sur l’utilisation des applications de rencontre.

Dans quelle mesure la santé sexuelle des jeunes adultes peut-elle être mise en danger par leurs activités en ligne ?

Nous avons réalisé un sondage en 2018 auprès de 2000 personnes âgées de 18 à 24 ans et résidant au Royaume Uni.

Rencontres Tinder et MST

Applications de dating : les chiffres

Sur le panel de 2000 personnes interrogées, 85% des 18-24 ans ont déjà utilisé des applications de rencontre. La plus populaire parmi ceux qui nous ont répondu est Tinder, avec 70% l’ayant déjà utilisé, bien devant Grindr (4%) ou Happn (2%).

À noter qu’en France, le nombre d’adeptes des rencontres en ligne a augmenté de 53% entre 2013 et 2018 chez les 18-69 ans. L’engouement pour Tinder est comparable à celui observé au Royaume Uni, bien que le paysage des sites de rencontre soit relativement différent : en premier lieu, on pense aussi à Meetic - qui ne communique pas son nombre de membres - ou à AdopteUnMec, qui revendique plus de 10 millions d'inscrits.

Quelles MST / IST se propagent via Tinder et autres applis ?

Quelles MST se propagent le plus via Tinder et autres sites de rencontres

Sur les 2000 personnes que nous avons interrogées, 18% affirment avoir attrapé une IST via une personne rencontrée en ligne. Chez ces personnes, c'est l'infection à Chlamydia qui est la plus répandue (diagnostiquée chez 54% d'entre eux).

Par ailleurs, 38% des personnes ayant une IST ont découvert l’infection en remarquant les symptômes, plutôt qu’en étant informées par la personne la leur ayant transmise. On rappelle pourtant que certaines IST, dont l’infection à Chlamydia, ne se manifestent la plupart du temps par aucun symptômes. Pour cette raison, il est possible qu'un certain nombre de personnes soit porteuses de l'infection sans le savoir. Ces chiffres pourraient donc être bien en dessous de la réalité.

Un manque d’éducation sexuelle ?

Manque de prévention et d'information sur la Chlamydia

La progression des IST telles que la chlamydiose pourrait être liée à un manque d’éducation à la santé sexuelle.

Nous avions déjà mené un sondage auprès de 1030 personnes en France (Octobre 2018) pour évaluer les connaissances générales sur cette infection :

Cette étude avait révélé que seulement 2.5% des Français étaient suffisamment informés au sujet de l’IST. La plupart des personnes interrogées ignoraient que cette infection est généralement asymptomatique et 3 personnes sur 10 ne savaient pas comment s'en protéger.

Les jeunes Français particulièrement atteints par la Chlamydia

Statistiques Chlamydia en France

En France, c'est chez les jeunes femmes de 15 à 24 ans que l’infection à Chlamydia est la plus répandue. La majorité des personnes concernées ne présentant aucun symptômes, beaucoup ignorent avoir cette infection qui peut avoir des conséquences graves : stérilité, complications lors des grossesses, maladie inflammatoire pelvienne, inflammation des trompes de Fallope (salpingite)...

C’est pour cette raison que la Haute Autorité de Santé (HAS) a revu en 2018 la stratégie de dépistage de la Chlamydia et recommande désormais aux jeunes femmes de 15 à 25 ans sexuellement actives d'effectuer au moins un dépistage de l’infection à Chlamydia, y compris chez les femmes enceintes et même en l’absence de tout symptôme.

  • En cas de test positif, un traitement par antibiotique doit être administré et un nouveau dépistage est recommandé dans les 3 à 6 mois qui suivent. Il est recommandé aux partenaires sexuels de se traiter aussi.
  • Si le test est négatif et en cas de rapports sexuels non protégés avec un/des nouveau/x partenaire/s, il est conseillé de faire un dépistage tous les ans.

La HAS recommande également un dépistage de l’infection à Chlamydia aux personnes qui présentent des facteurs de risque (quel que soit l’âge) et aux femmes enceintes qui consultent pour une IVG.

Le Dr Sophie Albe-Ly, médecin chez Zava, commente ainsi les résultats de notre enquête :

« À l’heure de Tinder, Grinder, et autres applis de rencontre, on observe une certaine banalisation des aventures sans lendemains. Dans tous les cas, que ces rendez-vous débouchent sur une seule relation sexuelle ou bien sur une relation suivie, rappelons qu’une sexualité épanouie passe aussi par le fait de prendre soin de son corps et de sa santé.

Chez Zava, nous encourageons donc tous les jeunes gens qui rencontrent des personnes en ligne à se protéger en utilisant des préservatifs masculins ou féminins ou des digues dentaires selon les cas. Et comme certaines IST, telles que la chlamydiose, peuvent ne pas entraîner de symptômes, on ne rappelle jamais assez à quel point il est essentiel de se faire dépister régulièrement. »

Méthodologie & droits d'usage

Enquête et données recueillies par Zavamed.com. Étude portant sur 2000 jeunes adultes (âgés de 18 à 24 ans) résidant au Royaume-Uni, réalisée entre le 16 et le 20 novembre 2018.

Toute reprise de ces graphiques et/ou de ces informations doit s’accompagner du nom du commanditaire Zava ainsi que d’un lien hypertexte vers l'étude intégrale sur www.zavamed.com pour les supports digitaux, ainsi que des dates, méthodologie et taille de l’échantillon.

Zava, expert européen de la téléconsultation

Zava est un service de téléconsultation médicale présent dans 6 pays d’Europe.

Les médecins Zava proposent des consultations en ligne sans face-à-face et sans rendez-vous, dédiées notamment à la santé intime (traitement de certaines IST dont la Chlamydiose, contraception, dysfonction sexuelle...) mais également à des sujets de santé plus généraux, des maladies cutanées à la chute de cheveux.

Chaque consultation est effectuée sur la base d’un questionnaire médical et éventuellement de photos. Les médecins Zava délivrent conseils, diagnostic et prescription médicale si nécessaire.

Sources additionnelles